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Article, Régime perte de poids

Régime pauvre en lipide Vs régime pauvre en glucide – LE MATCH !

Régime pauvre en lipide Vs régime pauvre en glucide – LE MATCH !

Alors, on lance les paris ?
D’après vous, quel est le macro-nutriment à limiter afin d’initier une perte de poids ?

C’est LA question qui a justement été soulevé par des chercheurs dans le cadre d’un essai clinique randomisé DIETFITS (Dietary Intervention Examining Factors qui interagissent avec Treatment Success) publié dans JAMA en Février 2018. Cette étude a d’ailleurs été approuvé par l’Université de de médecine Stanford (Etat-Unis).

La question est celle-ci :

Quels sont les effets d’un régime sain pauvre en graisse Vs un régime sain pauvre en glucide sur la perte de poids sur une durée de 12 mois ? Et quels sont les associations qui permettent d’initier une plus forte perte de poids en fonction des génotypes ou de la sécrétion d’insuline ?

… Rien que ça !

Présentation de l’étude :

Le premier objectif de cette étude était donc de déterminer si la différence de composition en macronutriments (lipide Vs glucide) d’un régime alimentaire pouvait avoir des résultats différents sur la perte de poids.

Autre objectif de l’étude DIETFITS, démontrer l’hypothèse qui voudrait que les personnes qui présentent un profil génotypique particulier ou une résistance à l’insuline ou les deux, répondraient mieux à un régime plutôt qu’un autre.

L’explication est celle-ci : la présence ou l’absence de certains gènes qui interviennent dans le métabolisme des lipides ou des glucides permettraient de mieux répondre à un des deux types de régimes.
Ainsi, les personnes présentant un génotype à faible teneur en lipide répondraient mieux aux régimes faibles en lipide et ceux présentant un génotype à faible teneur en glucide répondraient mieux aux régimes faibles en glucides.

D’autre part, plusieurs études ont indiqué que le succès des différents régimes pouvait s’expliquer par la sensibilité/résistance à l’insuline. De ce fait, les personnes ayant une plus grande résistance à l’insuline pourraient avoir de meilleurs résultats avec des régimes pauvres en glucides en raison de la diminution de la demande d’insuline pour réguler la glycémie.

Ainsi, les chercheurs ont différencié 3 profils génotypiques :

  • Génotype sensible à la graisse
  • Génotype sensible aux glucides
  • Génotype ne correspondant ni à l’un ni à l’autre

Ils ont également effectué un classement du profil insulinique : (test au 75g de glucose)

  • Résistant à l’insuline
  • Sensible à l’insuline

Méthodologie

Cet essai clinique randomisé a été mené sur une période de 12 mois auprès de 609 adultes âgés de 18 à 50 ans en surpoids ou en état d’obésité avec un IMC entre 28 et 40 kg/m2 ne présentant pas de pathologie ou ne suivant pas de traitement médical.

Les participants ont été randomisés, c’est-à-dire assignés de façon aléatoire à un des deux groupes de régime.

Ils ont tous participé à 22 séances d’éducation nutritionnelle avec des diététiciens.

Ces séances portaient sur les moyens de réduire au minimum les apports en lipide ou en glucide sans modifier l’apport énergétique total et tout en améliorant la qualité de leur alimentation.
Les deux groupes ont reçu pour instructions de maximiser la consommation de légumes, de minimiser la consommation de sucre ajoutés, de farines raffinées et d’acide gras trans. De privilégier les aliments entiers et peu transformés et de préparer des repas maisons avec des aliments de bonne qualité nutritionnelle. Ils ont également été encouragé à adopter une activité physique de façon quotidienne.

Enfin, l’accent a été mis sur les stratégies de modification du comportement alimentaire : établissement d’objectifs, renforcement de l’efficacité personnelle, environnement favorable et prévention des rechutes. Cette démarche a permis de s’assurer de la bonne observance des recommandations diététiques.

Les macro nutriments de chaque régime étaient répartie de la façon suivante :

Régime sain pauvre en lipide

Régime sain pauvre en glucide

Protéine

21 %

23 %

Glucide

48 %

30 %

Lipide

29 %

45 %

Calorie

Normo-calorique

Pour information, l’ANSES (l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) recommande une répartition de l’apport énergétique totale en macro-nutriments que voici :

  • Protéine : 10 à 20 %
  • Lipide : 35 à 40 %
  • Glucide : 40 à 55 %

On peut donc constater qu’il ne s’agit pas ici de régimes de type cétogène ou drastiquement hypo-glucidique et que les deux régimes sont hyper-protéiques.

Résultats au bout de 12 mois :

Le régime sain pauvre en lipide totalise une perte moyenne de 5,3 kg et le régime sain pauvre en glucide une perte de 6 kg. La différence de perte de poids n’est donc pas significative d’un groupe à l’autre.

L’association entre les génotypes et les deux régimes qui correspondraient à leur métabolisme n’a pas démontré plus d’efficacité qu’une distribution aléatoire du type de diète. Même constat dans le cas d’un état de résistance à l’insuline.

Enfin, pas plus de différence au niveau de l’IMC, du tour de taille ou du pourcentage de graisse corporelle.

En revanche, les pertes de poids individuelles ont considérablement varié allant d’une perte d’environ 25 kg à un gain d’environ 5 kg. Ces différences interindividuelles sont encore mal comprises. Cependant, une étude rétrospective préliminaire a permis d’observer une différence de perte de poids allant de 6 à 2 kg en fonction des génotypes. À creuser donc …

L’étude indique que les participants des deux groupes ont spontanément réduits leur apport calorique par jour de 500 à 600 kcal et souligne que les plans diététiques plutôt stricts sont certainement à l‘origine de cette baisse des apports énergétiques.

Bilan clinique :

Les deux régimes ont amélioré les profils lipidiques et abaissé les taux de pression artériel, d’insuline et de glucose.

En revanche, la concentration de cholestérol LDL a augmenté chez les participants du groupe faible en glucide et baissé de manière significative chez les participants du groupe faible en lipide.

En parallèle, la concentration de cholestérol HDL a augmenté et la concentration en triglycéride (TG) a baissé dans le groupe faible en lipide.

Tableau récapitulatif des résultats cités précédemment :
(Oui, j’aime bien les tableaux…)

Régime sain pauvre en lipide

Régime sain pauvre en glucide

Pourcentage de masse grasse corporelle

Baisse identique

Cholestérol LDL (mauvais)

Baisse

Augmentation

Cholestérol HDL (bon)

Aucun changement

Augmentation

Triglycéride (TG)

Baisse

Baisse significative

Effets indésirables :

Au cours de l’essai clinique, certains participants ont eu des effets indésirables ou effets indésirables graves répartis uniformément entre les 2 groupes.

  • 7 évènements indésirables nécessitants tous une hospitalisation. 2 d’entre eux pourraient être liés à l’études (calculs rénaux et diverticule nécessitant une intervention chirurgicale).
  • 11 évènements indésirables donc 9 étaient potentiellement liés à l’étude (hypoglycémie après un test de tolérance au glucose par voie orale).

Conclusion :

Cet essai clinique ou 609 adultes ont été assignés au hasard soit à un régime alimentaire sain pauvre en graisse, soit à un régime alimentaire sain pauvre en glucide a démontré qu’il n’y avait pas eu de différence de perte de poids significative sur 12 mois en fonction des groupes. Il n’y a pas non plus de corrélation entre le régime alimentaire et le génotype, ni même en fonction de la résistance à l’insuline.
Ces résultats permettent cependant de constater que ces différents régimes ont permis d’initier une perte de poids supérieure à 5% du poids corporel initial.

Sur le plan clinique la différence entre les deux groupes se constate au niveau des bilans lipidiques sanguin qui sont légèrement plus favorables dans le groupe du régime faible en glucide.

Les chercheurs considèrent alors que les résultats actuels ne permettent pas de différencier les deux types de régimes et que les résultats cliniques et anthropométriques s’expliquent potentiellement par la qualité de l’alimentation au-delà de la simple différenciation de l’apport en lipides et en glucides.

En effet, les deux groupes ont reçu pour instructions de la part des diététiciens de se focaliser sur la qualité de l’alimentation : minimiser ou éliminer les céréales raffinées et le sucres ajoutés au profit des légumes qui ont une densité nutritionnelle plus élevée.

De plus, une approche comportementale basée sur la valorisation des comportements positifs et l’éducation nutritionnelle a permis d’obtenir une bonne observance des recommandations diététiques de la part des participants.

Des analyses de toutes les données génomiques obtenues sont en cours pour évaluer si d’autres signatures génétiques peuvent démontrer une modification de l’effet. 🤓📚

Dans le contexte de ces deux approches courantes de régimes amaigrissants, aucune de ces stratégies n’a été utile pour déterminer quel régime était le meilleur pour qui. Cette variabilité en termes de réponse de perte de poids suggère que certaines stratégies peuvent fonctionner mieux pour certains que pour d’autres et qu’aucun régime de devrait être recommandé de façon universelle pour une population générale.

Cette étude peut paraitre décevante pour certaines personnes qui recherchent des réponses toutes faites ou des recettes miracles.
Personnellement, je trouve cela plutôt rassurant. D’une part parce que cela me conforte dans mon approche et dans la prise en charge diététique que je propose à mes patients.

D’autre part parce que la profusion d’informations et de dogmes en tout genre permet à des pseudos coachs “nutritionnistes“ de faire un business de l’amaigrissement en vendant des plans alimentaires prêt à l’emploi sorti du chapeau voire même, des compléments et pilules miracles qui n’ont à l’heure actuelle toujours pas démontrer d’effets positifs. J’ai espoir que cette étude nous permette de prendre un peu de hauteur et de remettre bons nombres de croyances en question.

Résultat du combat :
Glucide : 1
Lipide : 1Résultat de recherche d'images pour

Pour conclure, (elle ne s’arrêtera jamais ou quoi ! – Non, lol), je souhaite simplement ajouter que cette étude a été menée en réponse à l’épidémie de l’obésité et du diabète, donc dans le cadre d’un régime thérapeutique.

Peu-être et avant même de se poser la question du macro-nutriments idéal pour son alimentation, il est essentiel d’adopter des habitudes alimentaires saines dans la globalité.

Enfin, pour terminer sur une note positive et parce que les meilleures choses dans la vie sont souvent les plus simples, je vous résume en quelques lignes les recommandations hygiéno-diététiques qui permettent de prendre soin de son alimentation, de sa santé et de sa ligne :

  • Favoriser la consommation d’aliments bruts et limiter la consommation d’aliments transformés ;
  • Varier son alimentation en suivant le rythme des saisons ;
  • Choisir des aliments locaux afin de gagner en fraicheur et donc en apport de micro-nutriments tels que les vitamines ;
  • Préparer ses repas plutôt que de consommer des plats préparés ;
  • Augmenter sa consommation de légumes, notamment de légumes verts ;
  • Diminuer la consommation de produits raffinés : riz, pâte, pain blanc, sucre… ;
  • Augmenter la consommation de céréales complètes et de légumineuses ;
  • Mieux choisir ses lipides par une diminution des acides gras trans, acides gras saturés et oméga 6 (produits transformés, viande grasse, friture…) au profit des huiles végétales riches en acides gras mono insaturés, poly insaturés et oméga 3 (poisson, huiles végétales, oléagineux…).
  • Pratiquer une activité physique permet de trouver un équilibre physique et psychique. 
  • Et enfin, soyez curieux ! 😉

Prenez soin de vous ! 


Bibliographie :

https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2673150

https://leblognutrition.files.wordpress.com/2018/02/joi180008supp2_prod.pdf

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