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Alimentation, Article

Encensée ou diabolisée, que penser de la protéine de soja ?

Les protéines de soja, sont-elles de bonne qualité ?

Le soja est un des rare végétaux qui présente les 8 acides aminés indispensables que le corps ne sait pas fabriquer. Ce profil protéique, proche de celui des protéines animales lui permet d’occuper une petite place dans le cœur des végés et de ceux qui souhaitent limiter la consommation de produits carnés. (voir article végéta*ien)

Ps : Les pousses de haricot mungo germées ne sont pas des pousses de soja !

Un outil de mesure nommé PD-CAAS (Protein Digestibility Corrected Amino Score), qui est actuellement considéré comme le critère de base d’évaluation de la qualité protéique d’un aliment s’appuie sur deux critères : l’indice chimique (IC) qui permet d’évaluer la qualité des acides aminés d’une protéine et l’indice corrigé de la digestibilité qui permet de mesurer l’assimilation des acides aminés.

Cette mesure nous permet de classer les aliments en fonction de leur capacité à couvrir nos besoins sachant qu’une valeur de PD-CAAS de 1 indique que la source protéique apporte les acides aminés indispensables qui permettent de couvrir les besoins nutritionnels.

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Protein digestibility-corrected amino acid scores (PDCAAS) for soy protein isolates and concentrate: criteria for evaluation.

Quantité de protéine pour 100 g :

  • Isolat : > 90 g
  • Concentré : 65 à 90 g
  • Protéine de soja texturée : 50 à 60 g
  • Farine : 45 à 65 g
  • Graine : 35 g
  • Tempeh : 18,5 g
  • Tofu : 11 g
  • Jus de soja (lait) : 7 g
  • Dessert au soja (yaourt) : 3,6 g
  • Vermicelle de soja sèche : 0,6 g

Ps : L’entrecôte de boeuf contient 25g de protéine.

Les autres propriétés des protéines de soja :

Les protéines de soja aussi nommées protéagineux contiennent environ 1 à 3 mg d’isoflavones par gramme de protéine. Aussi appelée phyto-œstrogène, ces isoflavones font partie de la famille des polyphénols que l’on trouve dans tous les végétaux et qui permettent à la plante de se protéger des agressions.
Il s’agit d’un puissant antioxydant qui lutte contre radicaux libres et qui présenterait bien d’autres bienfaits ou méfaits…

Avant de poursuivre sur cette seconde partie, je souhaite simplement rappeler que le contexte actuel et les conflits d’intérêts financiers ne nous (me) permettent pas de trancher ni de nous (me) faire une idée claire quant à l’innocuité ou la nocivité du soja. Les différents lobby, qu’il s’agisse de la filière de la viande, des produits laitiers ou du soja exerce un pouvoir d’influence très puissant.
Paradoxalement, la protéine ou la lécithine de soja (E322) sont présentes partout dans notre alimentation ; chocolat, plat industriel et même dans les produits laitiers, les viandes et les laits infantiles !

En France, les études scientifiques qui ont analysé les mécanismes d’action du soja n’ont à ce jour pas été validées par l’AFSSA (Agence Française de Sécurité des Aliments). La suite de cet article repose donc sur des “hypothèses“.

Maladie Inflammatoire Chronique de l’intestin (MICI) :

Une récente étude menée sur des souris par les chercheurs de l’université de Pennsylvanie aux États-Unis démontre que les protéines de soja pourraient soulager les personnes souffrant de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, les MICI (Crohn et RCH). Cela s’explique par l’effet cytoprotecteur (antiulcéreux) sur les entérocytes qui sont les cellules qui forment les intestins.

Maladie cardio-vasculaire :

Les protéines de soja joueraient un role protecteur contre les maladies cardio-vasculaires et l’hypertension artérielle en diminuant les triglycérides, le cholestérol et les LDL tout en préservant les HDL. Ce rôle protecteur contre l’athérosclérose serait bénéfique à partir d’un apport d’au moins 33 g par jour mais les effets hypocholestérolémiants ne seraient visibles que sur les personnes ayant un taux en LDL-cholestérol élevé. Si en France, l’AFSSA conclu en 2012 que le niveau de preuve n’était pas suffisant (voir l’article),au Canada et dans une dizaine de pays, les propriétés bénéfiques du soja sur le cholestérol sont validées depuis 2014.

Chez les femmes, les études partent du postulat qu’elles sont naturellement protégées contre l’athérosclérose mais cette production diminue dans les années qui suivent la ménopause. Cette diminution de l’effet protecteur pourrait être due à la base de production d’œstrogènes. Selon l’AFSSA, 9 études cliniques indiquent que les protéines de soja consommées à partir d’un apport d’au moins 33 g par jour aurait un effet bénéfique sur les maladies cardio-vasculaire. Cependant 2 de ces études démontrent que ce n’est pas la protéine mais plutôt l’isoflavone qui serait protectrice… affaire à suivre !

Allergie :

Souvent utilité en tant qu’additif E322 ou agent de charge, il fait partie des 9 allergènes qui doivent obligatoirement être indiqués sur les emballages. Les réactions seraient semblables à celles du lait de vache. Même si toute fois cette intolérance touche en premier lieu les enfants, elle s’estompe à l’âge adulte

Cancers :

Les isoflavones ont des propriétés anti-oxydantes comparable à celles de la vitamine E qui, en réduisant la production de radicaux libres pourraient protéger contre les cancers hormono-dépendants (seins, endomètre, prostate). Malgré ce potentiel effet préventif, une consommation excessive de soja pourrait avoir l’effet inverse.

Cancer chez les femmes :

L’isoflavone est un phyto-œstrogène non stéroïdien qui a une structure qui est proche de celle de l’estradiol humain naturellement sécrétée par les femmes au niveau des ovaires mais dont l’affinité avec les récepteurs d’œstrogènes est 1000 fois plus faible que les œstrogènes humain.
Lors de la ménopause, la diminution naturelle du taux d’œstrogène engendre des symptômes tels que les bouffées de chaleur qui touchent près de 70 à 80% des femmes ménopausées en Occident contre 15 en Orient.
Une demande croissante de traitements alternatifs naturels est constatée en France et cela parait tout à fait justifié au vu de l’augmentation des risques de cancer du sein et d’accidents cardio-vasculaire dûs aux traitements hormonaux de substitution (THM). (Voir article) Cependant, à ce jour, les études scientifiques ne permettraient pas de valider les effets thérapeutiques des isoflavone sur les troubles de la ménopause tel que les bouffées de chaleur mais il serait toutefois « recommandé » de consommer 20 à 50 mg d’isoflavone par jour pour en ressentir les effets.

La consommation de soja augmente légèrement la durée du cycle menstruel, ce qui est considéré comme un facteur protecteur sur les risques de cancer du sein. Ce constat a d’ailleurs été confirmé par l’Afssa en 2005 mais uniquement chez les femmes asiatiques. L’effet protecteur n’était donc pas confirmé chez la femme occidentale, cela dit, l’Afssa conclue qu’il n’y a pas d’augmentation de risque.

 

Chez les hommes :

Les études menées sur les hommes démontrent et confirment que la présence de phyto-œstrogènes diminueraient le nombre et la mobilité des spermatozoïdes mais indiquent que la consommation de soja ne peut être la seule conséquence à la baisse de fertilité masculine. D’autres facteurs environnementaux agissent de façon délétère sur la fertilité masculine.

Cependant, une méta-analyse sur 32 études et une autre étude menée par Thomas badger en 2015 démontrent que le soja et les isoflavones n’impactent pas les taux de testostérone. (Voir ici)

Nourrissons :

Une étude menée aux États-Unis sur l’impact de la consommation de soja sur la fertilité de jeunes adultes a suivi des sujets de leur enfance jusqu’à l‘âge adulte (20 à 34 ans). Un tiers d’entre eux a été nourri avec une formule à base de soja, les deux tiers avec une formule à base de lait de vache. L’étude a conclu qu’il n’y avait aucune différence entre les deux groupes et aucun problème visible de reproduction ou de la santé en générale sur les individus.

Plus récemment, une méta analyse de 35 études conduite par Vandenplas et collaborateurs en 2014 conclue à l’absence de différence de croissance entre les enfants nourris avec des protéines de soja de ceux nourris avec des protéines de lait de vache ou de lait maternel.

Même constat dans une étude menée par l’équipe de Pr Thomas Badger en 2015 qui a suivi 101 enfants de leur naissance jusqu’à l’âge de 5 ans. Quelle que soit la préparation infantile (soja, lait de vache, lait maternel) qu’ont reçu les enfants, aucune différence n’a été observée sur les caractéristiques structurales des organes reproducteurs.

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